• BOURSICOCOTTE

    Date: 2014.09.07 | Catégories: Détails Jeux | Tags:

    (de Rüdiger Koltze)

    Boursicocotte : du bluff et de l’enchère bestiales. 51Y9DdB62bL._SS400_

    Boursicoter c’est dangereux. On s’amuse avec son argent et on risque de tout perdre avec une probabilité à peine moins forte qu’au casino. Votre capital nous intére…nous préoccupe. Pour vous prémunir de ce risque, nous vous proposons de substituer ce jeu par un autre.

    Remplacez « coter » à la sonorité trop scolaire par « cocotte » avec son côté sympathique, plus terroir. C’est fait ? Vous vous sentez déjà mieux, non ? Un jeu amusant et sans risque : ça n’a pas  de prix !

    Boursicocotte est un jeu du sieur Rüdiger Koltze édité par Asmodée en 2003. En des temps immémoriaux, cette petite troupe d’animaux de la ferme, puisque c’est de cela qu’il s’agit, bourlinguait déjà en Allemagne. Édité dès 1985 par Ravensburger sous le nom de Kuhhandel, ce jeu avait déjà fait un détour dans nos contrées en version francisée sous le nom de Tope-là.

    Fin du court rappel historique, les cancres près du radiateur peuvent cesser de bailler.

     

    1348837358716_86233740Mariage subtil de l’enchère et du bluff

    Boursicocotte est un jeu d’enchères et de bluff qui compte parmi les tous meilleurs de ce genre pourtant fort couru. Les joueurs essaient d’acquérir les animaux lors de tours d’enchères ou lors d’échanges d’animaux, moyennant finance.

    Il existe dix familles d’animaux chacune composée de quatre bébêtes identiques. Dans le meilleur des mondes, vous collecteriez les dix familles. Mais comme d’autre joueurs se mêlent de vos affaires, le gagnant sera simplement celui qui totalisera le plus de points avec ses familles en fin de partie.

    Dès que toutes les familles ont été reconstituées, la partie s’achève et les points sont comptabilisés de façon quelque peu particulière : chaque animal possède une valeur distincte. La cocotte vaut 10 alors que le bélier grimpe à 350 et le cochon à 650. Le cheval avec son sourire « émail diamant la magie du blanc » est la star du jeu avec 1000 points à la clé.

     

    La quantité plutôt que la qualité

    Acquérir la famille la plus chère n’est pourtant pas forcément synonyme de victoire car un coefficient multiplicateur égal au nombre de familles possédées entre en ligne de compte.

    Exemple : Gaston, qui possède les familles cheval et vache, marque 1000 + 800 = 1800, que je multiplie par 2 car il possède 2 séries, soit 3600 points gagnés. Fier de son étalon et de sa belle normande, il est malheureusement battu de peu par Léon, le fan de la basse-cour. Ses poules, oies, chats, chiens et béliers lui rapportent 3900 points (10 + 40 + 90 + 160 + 350 = 650 ; 650 x 5). Du coup le compte est bon : Léon confond Gaston. J’ai omis de mentionner les deux autres larrons : Simon et Gédéon ! Pas grave, ils ont perdu eux aussi.

    Avant d’en arriver là, ces quatre joyeux lurons ont joué comme suit. 1348837382719_62627942

    Au début de la partie, chacun a reçu de l’argent : deux cartes de valeur 0 (pour le bluff), quatre cartes de valeur 10 et une carte de valeur 50. Durant la partie, chaque fois qu’un âne est apparu Gaston et sa bande ont obtenu des liquidités (d’abord une carte de 50, puis une de 100, une autre de 200 et enfin une de 500).

    Important  : dans Boursicocotte, il n’y a pas de banque. Il est donc impossible de faire de la monnaie. Si le joueur ne possède pas la somme exacte, il doit payer plus.

    A son tour, chacun des quatre copains a eu le choix entre deux actions : mettre un animal aux enchères ou faire un échange d’animaux.

    De l’enchère presque classique…

    Mettre un animal aux enchères consiste à retourner la première carte de la pioche et laisser les autres joueurs se battre pour elle. Chacun peut miser hormis le joueur qui propose la carte. Il faut toujours enchérir sur la précédente mise. Quand plus personne ne veut miser, la plus haute enchère remporte la carte.

    L’acquéreur donne l’argent au joueur dont c’est le tour (joueur actif) à moins que celui-ci ne fasse usage de son option d’achat. Si tel est le cas, il décide de garder l’animal pour lui en payant le montant de la mise la plus haute au joueur qui en a été l’auteur.

    Pas de rentrée de cash donc, mais éventuellement une carte à moindre frais. C’est une arme à double tranchant qui peut s’avérer redoutable dans les mains de ce malin de Gaston.

    Autre opportunité pour le joueur actif : si personne ne se décide à miser, il peut prononcer trois fois et lentement le nom de l’animal mis aux enchères. Au troisième top, il récupère l’animal gratuitement !

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    Bluff-carottes

    La seconde action possible consiste à proposer un échange d’animaux. Le prérequis est que le joueur actif et le joueur visé par l’échange possèdent au moins un animal identique (il est également possible d’échanger deux cartes contre deux cartes).

    Après avoir placé une carte devant l’animal convoité appartenant à un autre joueur, le joueur actif place une somme d’argent devant lui, face cachée.

    L’adversaire concerné par l’échange a alors deux possibilités : « OK » ou « contre-offre ».

    En disant « OK », Gédéon a simplement récupéré les six cartes argent placé face caché par Léon en l’échange de son chien. Quelle ne fut pas sa déception, après s’être délesté de son canidé : cinq cartes zéro et un dix : maigre butin collecté là par Gédéon qui avait choisi d’esquiver l’affrontement.

    Plus tard dans la partie, ce même Gédéon choisit la deuxième possibilité, soit faire une contre-offre. Simon revenait à l’assaut en proposant un échange deux contre deux, pour des chats. Échaudé par le revers précédent, Gédéon décidait alors de répliquer aux trois cartes proposées par Simon, en plaçant lui trois cartes argent. Dans ce cas, les joueurs comparent leurs mises, et le mieux disant l’emporte… et prend ou garde les animaux ! Dans tous les cas, l’argent est échangé.

    Revenons à nos deux larrons : après avoir échangé les sommes d’argent, les deux joueurs se rendirent compte qu’une fois encore Simon s’était joué de Gédéon. En proposant 1100 (500 + 500 + 100), il obtenait les quatre chats car les 900 (500 + 200 + 200) de Gédéon étaient insuffisants.

    Regrets éternels pour Gégé qui gagne une différence de 200 en argent mais perd deux matous. Eût-il proposé 1200 et les quatre félins auraient été siens. Précisons qu’en cas d’égalité, les deux joueurs auraient repris leur argent et procédé à une seconde proposition. En cas de nouvelle égalité, c’est le joueur actif, en d’autres termes Simon, qui aurait (là encore) remporté la mise.

     

    La partie se déroula ainsi. À chaque tour, un des copains choisissait entre proposer une enchère afin de se faire du cash ou attaquer un comparse pour lui subtiliser un animal à coups de bluffs bien sentis. Dès qu’il n’y eut plus d’animaux à proposer aux enchères, la partie continua avec des tours successifs d’échange d’animaux.

    Dès qu’il ne resta plus que des familles de quatre animaux, on calcula les score de chacun. La partie prit fin et comme souvent c’est Léon qui décrocha le pompon !

    Varier les plaisirs

    Nos amis ont joué une partie classique mais ils auraient tout aussi bien pu utiliser l’une des variantes suivantes :

    – La version courte : chaque joueur commence la partie avec quatre cartes animaux posés devant lui.

    – La version courte (bis) : lors de chaque enchère, deux animaux sont proposés à la vente au lieu d’un seul

    – La version méga bluff : au début de la partie l’ensemble de l’argent est distribué de manière aléatoire. L’art du bluff est encore plus prépondérant avec des capitaux de départ différents.

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    source : http://fr.asmodee.com/ressources/articles/boursicocotte-du-bluff-et-de-l-enchere-bestiales.php